Les belles aventures Chrislanuit

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Leçon de Piano

    

       Un récit sans cruauté d’une réalité dépassée

       Il était un fois..

 

 Un rêve étrange ne cesse de recommencer, chaque strophe écrite ouvre une sur une porte dérobée

 qui  se perd au lointain dans ma mémoire oubliée

 Une salle blanche, de lumière est baignée.

 De grandes fenêtres aux rideaux attachés

 En son centre, un piano tout blanc, et son petit banc.

 Qui résonne en moi, je ne sais pas pourquoi

 Sublime est l’endroit, tranquillité et bien-être, y règnent en rois.

 

 Venu en ce lieu par témérité, trop plein de fragilité, à la timidité qu’il me fallait retirer

 Une éducation de la vie et de ses réalités, sans sursis, ni velléité mais avec sévérité  

 Ne pas attendre pour faire, reculer pour éviter, s’oublier pour n’affronter

 Les doutes sur mes capacités, mes peurs sur ma sexualité,  l’incertitude pour les surmonter

 une inaptitude à vivre dans ce monde inhospitalier

 Mesures à la baguette sur un tempo sans claquettes

 

 Apprendre, obéir, comprendre, m’assagir, glisser mes doigts sur ces touches, noires et blanches nacrées

 ressentir le plaisir de la félicité, ou laminé pour n’avoir exécuté, ce qui a été ordonné.

 

 Ceci est un récit d’autrefois, vécu par un être hors du temps, à l’esprit rebelle, résolu à faire ses choix

 pour ne point finir tout cru, dans l’écuelle d’un dominant, l’ayant mis à nu pour l’éduquer, sans pouvoir

 à jamais sa plume enfermer.

 

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   Ni pardon, ni rédemption

 

 Aucune tendresse, ni caresse, ni amour, ni émotion, tu ressentiras la douleur que tu as créée

 celle de l’intérieur que tu peux contrôler, à ta volonté sans accessoire, ni bourreau.

 Les fouets ne sont que des jouets, leur morsure est superficielle et temporaire

 qui ne peut me contraindre, ni m’asservir.

 La déchirure provoquée par ma pensée sur mon corps, à l’écorcher encore et encore

 dans une souffrance sans limite est bien pour moi, plus que jouissance.

 Elle me tient la compagnie, que d’autre me dédaigne.

 Elle me réchauffe, me brule, à me consumer les sentiments, inutiles et inappropriés.

 Effrayé je le suis, m’endurcir vais le devenir, hurler sans pouvoir crier, rugir sera mon devenir.

 Affection sans avenir, une des premières arrachées, sur mon dictionnaire d’incrédulité

 Je ne suis ici en visiteur, pour apprendre les fables d’un instituteur

 En cordes ficelées à cette chaise ensorcelée, très étirées à m’en écarteler, mon corps s’agiter

 au passage d’un autre bien ciré

 

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    Excentricité

 

 Vous avez péché par fierté, par inanité

 La lumière vous seras ôtée, enfermé au cachot, sans plume, ni sabot, au sol attaché

 

 Vous aimez volatiliser, escamoter

 Pendu par les poignets, vous serez bien ligoté, branche de houx en bouquet, vous sera appliqué

 aux parties postérieures identifiées

 

 Vous oubliez sans raison

 Nous vous la  ferons retrouver, corps au froid sans dessus, douche sans degré pour les désespérés

 Les coriaces, les plus tenaces, il y a gégène à l’électrique rengaine.

 

 Ne vous forcer pas à résister, vous êtes ici pour rester, jusqu’à notre volonté de vous libérer

 Prenez donc patience, défaites vos paquets, ôtez vos effets pour allez-vous laver

 

 A l’intendance vous passerez, votre nouvelle tenue récupérée, sobre et facile à enlever

 

 Je ne tolère pas l’impertinence, agissez avec prudence, parlez avec justesse

 appelez-moi juste, Maîtresse !

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    Façonnement

 

 Il te faut apprendre le bien tenir en société

 Ne parler s’il t’est demandé

 T’assoir n’est autorisé, que par ordre de l’autorité

 Tends tes mains, chaque matin, à la baguette, seront éduquées

 Ton sourire est un affront, te le réduire je le ferais, à coup de trique, par ma lame sadique.

 Baisse tes yeux rageurs, ou craint mon aiguillon ravageur

 Apprends tes leçons pour éviter les sanctions

 Toute demande aura sa réprimande, ton souhait sera corrigé

 Tenue parfaite exigée, dans un corps sain bien récuré

 Tout manquement à la discipline sera châtié

 Tu es ici pour apprendre, non t’amuser

 

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    Noires et blanches sucrées

 

 Dépose ton arrière sur le siège, pour ta première leçon d’arpèges

 Chaque dissonante sera répétée, jusqu’à être comprise sans surprise

 En fin de journée, même si tes doigts sont fatigués, cette leçon devra être apprise

 En contraire, saches que les miens s’impatientent

 Pour t’appliquer une déferlante, qui te sera méchante

 

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    Majesté

 

 Tu n’aimeras nulle entité, ni rêveras à ta liberté

 Ici tu es séant, pour servir ta Reine, oublies la bohème

 Ni t’enfuir, ni me fuir, effaces ces pensées, sous peine de souffrir, de mon jouet

 A mes pieds, à genoux, mains liées, prêt à tout

 Adoreras point autre que moi, ta déesse, à t’en user les fesses

 Tu refuses l’autorité, ne veut devoir, ni accepter

 Bien te comporter, tout à ma guise, de t’éduquer

 Arrête de rêvasser, grand plaisir, sera de te dresser

 Plus tu me braveras, plus forte la douleur, en toi tu sentiras

 Aucune familiarité n’est accepté, mon petit Démon, désormais seras ton nom

 Ta plume te laisse, écris bien, ne déçois pas ta Maîtresse, tu finiras au bout d’une laisse

 

 Un récit d’un autre temps, qui se mélange parfois au présent.

 Irréelle et pourtant si réelle, cette histoire où se mêlent le vécu de plusieurs vies.

 Ne la voulant pas trop cruelle, je l’ai rendu plus sensuelle.

 La réalité est autre, mais ne peut être détaillée.



 

 

 

 

chrislanuit@bdsmf.fr