Les belles aventures Chrislanuit

 Retour

 

Leçon de Piano

    

Un étrange rêve me poursuit depuis mon enfance, revenant sans cesse, en mon esprit
8 ans, enfance ravagée, besoin de regard, tendresse, me pousse déjà à jouer avec ma vie
Le sommeil venant, ou simplement les yeux se fermant, je me transporte, en un endroit discret, devenant peu à peu, plus concret.
Une grande salle blanche, très lumineuse, aux grandes fenêtres, baignées de soleil.
En son centre un grand piano tout blanc et son petit banc.
Cet instrument résonne en moi, je ne sais pourquoi
Sublime est l’endroit, tranquillité et bien-être, y règnent en rois.
Indéfinissable est ma situation, envoyé pour vacances ou une période, pouvant s’allonger, jusqu’à plusieurs années.
Étant en ces lieux pour apprendre la musique, glisser mes doigts sur ces touches, blanches nacrées.
Confié aux bons soins d’un établissement hors du temps, en apprentissage de belles cordes, et pour éducation de ma vie.
Une valise à mes pieds me fait comprendre que je ne suis pas là en visiteur, sans de fuite possible.



----------------


Après un long moment, une belle dame pénètre les lieux, vingt hivers dépassés, vêtue d’une grande robe noire, et de bottines pointues.
Ses longs cheveux blonds, lissent de son corps de déesse.
Une partition dans une main et sa baguette dans l’autre, se dirige vers moi avec un sourire narquois.
  - Chris tu es ici pour apprendre la musique et corriger tes défauts, qui à en croire tes proches, sont nombreux
  - Ma tâche n’est pas insurmontable, personne ne m’a résisté jusqu’à présent.
  - Ne pense pas à t’enfuir, cela cristalliserait ma colère envers toi
  - Tes parents me donnent blanc-seing, tout à ma guise de t’éduquer, comme je le désire
  - Si l’envie te venait de partir s’en m’en avertir, forcé tu reviendrais, soit entre deux officiers, ou mené par l’un de ta famille
    avec laquelle contrat j’ai signé.


----------------  


La belle dame cache bien des choses, et semble avoir bien des connaissances à mon sujet, je la détaille en évitant de croiser
son regard qui me glace un peu.
 
  - Approche-toi de moi, viens plus près que je t’examine
Je ne connais pas son nom, et n’ose lui demander.
Doucement, ses mains me chatouillent, je me sens bien, d’être examiné de la sorte
  - Ton dossier parle pour toi, qui semble muet pour l’instant, l‘es-tu, peu importe
  - Enfant difficile qui refuse et affronte l’autorité parentale, n’aime pas les devoirs, ni monsieur le curé.
  - Rien de cela, n’est impossible à corriger, mon petit ami, détends-toi, prends patience, tu es ici pour un long séjour
jusqu’à ta majorité


 ---------------


Son discours me parle bien, j’aime son autorité, sa fureur transperce ses beaux yeux, ses dents blanches, tendrement caressées
par sa langue empressée, je me ferais bien dévorer par cette enchantée.
   - Arrête de rêvasser, ne me fixe pas ainsi, de tes yeux assassins, grand plaisir pour moi, sera de te dresser
   - Muet tu l’es encore, je vais parler pour toi.
   - Chris tu devra, le respect, à toute personne que tu croiseras, baisser les yeux, tu feras et obéiras à tout ce que l’on te demandera.
   - Tu peux tenter, ne respecter ces lois, punitions tu auras.
   - Plus tu me braveras, plus forte la douleur, en toi tu sentiras
   - Baisses tes yeux de loup, une puissante force bouillonnante, je ressens en toi
   - Pour toi et tout le monde, ici l’on m’appelle, Maîtresse Jézabel


Les dés sont jetés, mon destin est scellé entre ses mains, et son regard puissant, tous deux me vont bien.
Ignorant, je croyais que cette belle dame, caresserait mes cheveux avec ses mains.
La Maîtresse désire autrement, cajoler mes fesses avec ses autres instruments, en commençant par sa baguette
qui virevolte dans l’air depuis un moment, et qui croise rapidement mon postérieur.
  - Aie, pourquoi me faites-vous cela, madame
Sans un mot, son bras entame un revers, puis un double plus violent, qu’ai-je mal fait, qu’elle me le reproche ainsi
  - Tes oreilles sont-elles bouchées, mon petit ami. Mon nom est Maîtresse Jézabel, tiens-le-toi pour dit
Les hostilités ont commencé, je me dois de calmer la rage qui me pousse à la houspiller de mille façons
elle ne ferait que charpies de moi et de mes mauvaises manières.

Il me faut obéir dans l’instant ou souffrir complètement.


  - Avant de monter, prendre tes quartiers, faisons un tour, sous la douche pour te laver.
  - Pour cela dévêts toi, entièrement devant moi, je te mène ensuite à l’endroit où tu te frotteras
Laissant mon insolence l’ignorer, je me dévêts, offrant ma nudité à son pressant regard
  - Sois diligent, mon petit ami, tu fais languir ma baguette de désir


  ----------------------


Les marches de l’escalier du sous-sol sont glacées, elles prennent contact avec mon corps enflammé
Mon esprit perturbé par mon incompréhension, un lien invisible s’est installé, la bataille fait ravage sous mon cuir chevelu,
voulant fuir cet endroit et pourtant ne le souhaitant pas, quel étrange sortilège cette belle dame a jeté sur moi.
Sans frémir je me dois d’avancer, ne pas lui donner plaisir, à nouveau me punir, pour l’avoir provoqué.
La douche est spartiate, un pommeau sans aucun rideau, la dame est au spectacle.
L’eau bien chaude coule sur ma peau, cicatrisant les violents élans de ma Maîtresse au regard fascinant.
Ne pouvant me rebeller, je vais tenter de l’amadouer, par une danse du savon, de mon dos à mes cuisses, remontant à mon pubis
petite langue tourmentée et regard coquin.
Regarde-moi bien, de mon corps, surface tu toucheras, mon esprit n’abaissera, malgré que mon cœur et mon âme brûlent déjà de toi.
Un jour viendra, ou croquer ta tendre personne, me viendra le plaisir, d’assouvir les désirs qui montent en moi


-------------------


Douce nuit passée entre les draps
Me réveille doucement dans cet endroit sans pareil
Quelques marches séparent mes quartiers de la grande pièce au piano
Non, je n’ai pas rêvé, je suis bien là où je le crois
Un petit mot, laissé à mon intention, par Maîtresse fessée à la baguette
  - Mon petit ami, tes ablutions faites, tu te dirigeras en cuisine, petit-déjeuner tu prendras
  - Vaisselle tu feras
  - En étude tu iras, leçon des choses tu apprendras, aux bons soins de Maîtresse Clara
  - Le Bien se tenir en société, sans rechigner aux tâches, qui te seront assignées, ni même crier au passage de quelques fouets
que tu auras bien mérité
  - Après cela, détente tu pourras, une mélodie t’attendra, au piano t’entraînera
Que d’ordre, de volonté, ou le désir se cache t’il là !
Une petite flèche sur le papier, un renvoi de l’autre côté.

Un post-scriptum, au format sentence
  - Chris, je préfère t’appeler ainsi
  - Ne t’aventure pas au-delà des limites de la propriété
  - Bien d’autres plaisirs t’attendent après, si tu le désires
  - Le jour venu, sous mon autorité, tu viendras suivre mes pas, dans d’autres lieux et sous d’autres cieux
pour partager nos plaisirs à tous les deux
Souffrir un petit peu, dans une folie à en mourir, me plais, plutôt que d ‘errer dans cet univers sans humanité


 -----------------


Je fais mon choix, rester et rougir un peu, en l’affrontant parfois pour pimenter le jeu
Trop de complicité tue la passion, sa rage fusionne en moi et me fais revivre
Les touches de ce piano me deviennent plus sensibles, toutefois quelques désaccords sont perceptibles, à faire crisser les dents
éclater les vitrines, mon talent de concertiste, s’est perdu dans les couloirs du temps
La nuit se mêle à la lande, de petites lanternes l’illuminent, une douceur automnale m’enlace.
Des phares dans la nuit, se rapprochent sans bruit, de notre grande demeure embourgeoisée, dans la campagne isolée.
Je me dois de vite retourner à mes gammes avant l’arrivée de Maîtresse Jézabel, sinon mes fesses risquent encore d’être fouettées

 ----------------


Il est où le Ré, aie c’est un Fa, je vais me faire massacrer, sans crier
  - Il se fait bien tard, je pensais ne jamais arriver avec ces bouchons de la grande cité
  - Comment s’est déroulée la journée, Maîtresse Clara
  - Chris est un peu désordonné, je l’ai aidé de mon mieux, de quelques fessées bien appliquées
  - Il aura besoin de leçon de mise à niveau, le sien étant de passage
  - Je compte sur vous Maîtresse Clara, pour lui faire retrouver ses esprits, avant je fonde sur lui, cravache en main
pour faire sa raison revenir
  - Que fait-il à cet instant même, Maîtresse Clara
  - Il tente maladroitement d’exécuter votre mélodie, il serait plus judicieux, pour vos oreilles d’attendre encore quelques jours
  - Qu’il en soit ainsi, je suis lasse de cette journée, et ne veux sur lui m’énerver
  - Va le quérir pour sa Maîtresse Jézabel, qu’il se prépare le pour dîner


 ----------------


La demeure est bien calme ce soir, vais-je pouvoir tout seul flâner
Que diable, qui diantre arrive de ce pas empressé
  - Messire est attendu par sa Maîtresse Jézabel, je vais te mettre quelques cires sur ton corps
  - Petit fourbe, je lis en ton jeu
  - Agenouille-toi devant moi et implores mon pardon, car de ma main tu vas brûler sous mon fouet, si crier ou hurler te vient
je te marque au plus profond
  - Ne t’avise pas t’en parler, nier les faits je le ferais, plus seul tu en seras, à jamais
Maîtresse Clara a bien raison, je suis coincé entre le fouet et la cravache
Pourquoi tant de haine envers moi, le petit mot que j’ai laissé ne lui était pas adressé, déclarant ma flamme brûlant
mon âme de désir envers ma Maîtresse Jézabel, liée à ma promesse totale d’obéissance, ne devrait entrer en conflit
avec la dévotion de Maîtresse Clara à son égard.
Mon dos est brisé par sa fureur, quelques gouttes de mon sang, perlent au long de mes bras, qu’a-t-elle fait
impossible de cacher les déchirures à vifs sous de simples bandages.


-----------------


Maîtresse Clara revient à la vie en, s’exclamant
  - Je me suis trop précipitée, le fouet s’est ensorcelé
  - Viens dans mes bras, le petit ami de ma dame
  - La prochaine fois, soit plus précis dans tes écrits
  - Je ne pourrais réparer cela dans l’instant, il va te falloir jouer de tes charmes
La douleur m’est insupportable, pourtant je me dois de garder les yeux bien ouverts, et trouver une invention de ma part
pour justifier mon état
Je pourrais écarter cette dame, par ma prose jalousée, mais n’en ferais rien, étant moi-même troublé par tout ceci.
L’équilibre de mon univers ne tient que par d’invisibles liens que je ne veux en aucun cas rompre
La folie ma gagne, j’en perds ma raison


------------------


  - Venez Messire, Maîtresse Jézabel nous attend
D’un pas désordonné, je m’accroche à tout support à ma portée
Ma Maîtresse n’est pas dupe, elle enrage de la situation


  - Qu’est-il arrivé en mon absence !!
  - Je le saurai, même si je dois verser vos sangs !!


Je me dois de déclamer mon mensonge avant de m’évanouir
Douleur contre douleur, ce coupe-papier fera bien l’affaire sur mon bras bien endommagé
  - Maîtresse Jézabel je m’en excuse de vous accueillir ainsi, tantôt dans l’après-midi, je suis parti gambader, près du bois aux fées
le terrain glissant, m’a embarqué dans des barbelés
  - Maîtresse Clara, non loin de moi, a perçu mes cris, venue à mes pieds pour m’aider
Un instant je crois percevoir le doute dans ses yeux, mais ne pouvant plus lutter contre la douleur, je me laisse choir, sans pleurs
ni cris à ses pieds


 -------------------


Né au bord d’un lac de brume, mon chien de terre hurle sous la lune étoilée
Mes relations avec Maîtresse Clara ont évolué, je ne suis plus compris comme un danger, mais comme un ange-gardien
protecteur des siens.


Mon éducation en est moins violente, malgré que je cherche parfois la confrontation, pour éviter l’usure de nos sentiments
  - Il te faut te préparer, monsieur le curé, vient à demeure te confesser


Quel virus a donc piqué ma Maîtresse Jézabel, pour inviter ce démon du culte sous notre toit
Mes révélations vont le faire courir tout nu dans les bois


Hors de ma vue soutanes et robes perlées, le démon en moi, va tous vous exterminer
Je n’aime pas devoir faire, des ronds de jambe, et sourires gelés à ses culs bénis
Plutôt lui croquer fermement le pénis et en jeter les grelots.


  - Chris, rapproche-toi de monsieur le curé, venu te confesser
Je vais le faire brûler par mes fantasmes, une envie ardente de sucer sa verge acidulée.
  - Mon fils confesse-toi en ce lieu
Il n’est pas encore mort le petit curé, pourtant il étouffe, transpire, grelotte
  - Mon père, avez-vous froid
  - Désirez-vous que je vous réchauffe


Son supplice n’a que trop duré, il doit s’arrêté
Je n’aime pas être acculé à faire ainsi sacrifice d’autre que moi.
Le petit curé s’entretient longuement avec ma Maîtresse
Cela ne m’envisage rien de bon, pourtant ayant peu dit
Notre visiteur prend congé, indécis me laissant



 -------------------


Ma Maîtresse revient toute en joie
  - Hé bien tu m’en cachais bien des choses
  - Je comprends maintenant tes réticences
  - Monsieur le curé a compris, la dualité qui est en toi
  - Un garçon né dans le corps d’une femme
  - Enfermé depuis ton enfance entre deux identités
  - Je vais t’aider à te libérer et vivre en toute liberté
Je ne me savais pas aussi transparent, ne lui ai rien dit de ma bisexualité
Me voilà démasquer, la fureur me reprend, j’ai bien envie de tous les dévorer


----------------


Le piano m’aime bien, lui au moins ne m’a pas encore agressé, il me faut encore progresser
Mozart m’ennuie, Beethoven m’abîme les ouïes, et Bach m’engourdit
Je me dois de trouver, la force qui me permettra, d’aller au plus profond, chercher et sublimer, l’être sensible qui est en moi.
Offrir ainsi à ma Maîtresse, toutes mes pensées.
La fatigue assaillit mon corps épuisé par toute l’énergie dépensée
Morphée m’enlace dans cette nuit dorée



  ---------------------



Doux réveil ce matin
Petit mot doux à mon chevet
  - Chris, prends des forces à ton petit-déjeuner, va courir dans les près pour t’oxygéner
Quelle étrange missive, mon sens premier s’en inquiète


Rien de prévu en cette belle matinée, je vais m’affûter les crampons et bien respirer
Revenu avant le son de la cloche du déjeuner, je viens aider Maîtresse Clara, à dresser


  - Notre Maîtresse vous réserve, messire, un cadeau surprise
Que faire, où me cacher, ne plus être, celui rechercher
  - Chris, veuillez accueillir comme il se doit, notre invité
  - Je suis votre obligé, faites de moi, ce qui vous plaira


Mes dires se sont mêlés à sa pensée, il m’invite à m’installer à ses côtés
Dégrafe sa braguette et me tends sa queue, en déclamant
  - Prends là, suces là, jusqu’au tréfonds de ta gorge
  - Je veux jouir sans souffrir
  - Si tu la mords, je t’écorche le corps


Ma Maîtresse sourit autant de plaisir que de désir
Ne voulant l’offenser, ni la vexer, en écorchant son cadeau empoisonné
Mes mains se mettent au travail, je vais te le malaxer, bien serré


Faire monter la pulpe en son sommet
Le sucer goulûment, à le faire craquer complètement
Pour lui enlever tout désir, de revenir à jamais, en ces lieux
  - Ton cadeau t’a plu
  - Bon anniversaire, mon bel ami


Un peu de répit serait le bienvenu, trop d’agités se pressent le cul nu
Les semaines passent sans cris ni pleurs
  - Je vous sens en joie, Maîtresse Clara
  - Chris, tu vas bientôt avoir de la compagnie
  - Une petite nouvelle nous arrive demain, pour son éducation
 


----------------


Bien le bon jour est arrivé, d’accueillir la nouvelle invitée
Le silence demeure dans la grande maison


Je me rends à pas de loup, dans la salle, pour y prendre mon bain
Préparer ensuite le petit-déjeuner pour les Maîtresses adorées
Tartinons, beurrons, confiturons, ma complainte matinale
L’eau bouillonne, je prépare filtres et potions pour ces dames


  - Bonjour Chris, déjà levé d’aussi bon matin
  - Le sommeil n’a pas voulu de moi, Maîtresse Clara
  - Tu te tourmentes l’esprit, mon petit
  - Veux-tu mon ami Chris, apportez en sa chambre, son petit-déjeuner à ta maîtresse Jézabel


Honoré de cette proposition, que j’accepte volontiers, il me faut les tartines beurrées
Je ne suis jamais venu dans cette aile de la grande demeure, bigre des armures et des épées
Les ancêtres de Maîtresse Jézabel, seraient-ils chevaliers


Aucun bruit ne vient perturber le silence qui règne ici


J’espère que ma Maîtresse ne va pas surgir de sa chambre au même moment de mon arrivée
Cela serait dommage pour ce beau parquet et pour mes fesses violentées par son fouet
Calme et patience sont de mise en ce lieu


Je dépose le plateau à mes pieds, pour ouvrir la porte de la chambrée
Le décor est somptueux, drapés colorés aux murs
Roses rouges et noires à son chevet, tapis de Perse recouvrant le sol
Une belle couette blanche de fleurs décorées
De gros oreillers bien moelleux caressent son visage


Elle semble endormie, et pourtant je la crois bien taquine à mon sujet
Je vais poser le plateau sur la petite table et m’en retourner doucement, sans bruit
J’aimerai tant lui donner un baiser, mais crains sa réaction enflammée à mon sujet
La réveiller, je ne ferais point, un esclave se doit de laisser sa Maîtresse en paix.
Retournons en cuisine…


  - Que fait tu là Chris
  - Je vous apporte le petit-déjeuner Maîtresse Jézabel
  - Qu’elle délicieuse attention de ta part
  - Rapproche-toi de moi, que j’examine ton joli corps
  - Hum tu sens la fleur des bois, j’ai bien envie de te croquer
  - Faites Maîtresse, je suis à votre service
  - Ce n’est pas encore le jour, ton tour bientôt viendra
  - En attendant, préparons-nous à accueillir la nouvelle à éduquer
Je me retourne sur mes pas en passant par la cuisine
Vaisselle faites, je m’octroie un petit moment musical
Revoir cette intro qui me râpe le moral
Si je ne deviens concertiste, pourrais devenir briseur de vitrine
Je vais aller tailler les cordes de ce piano à la grande cisaille



----------------


  
Maitresse Clara se pomponne, revêt sa robe de gala
  - Aujourd’hui nous accueillons, une petite nouvelle, confiée par sa famille, pour la marier, sans éducation, elle ne le pourra, mais avec discipline et ténacité, elle le fera
 
Tout un programme difficile à appliquer, je le sais pour l’avoir pratiqué
Mes soirées seront moins monotones, à ferrailler avec ce piano aphone
 
  - Elle se prénomme Angélique, passionnée de musique
  - Chris, je te donne pour tâche, de lui apprendre les règles pratiquées en nos lieux
  - A toi de bien agir pour lui éviter le pire
  - N’oublies pas, ce que tu as appris de ta Maîtresse Clara  
Jamais de répit, que des défis, fais ceci, par ci, sans fi, que nenni rien que du souci
 
  - Prépares toi, tu en seras le Maitre de cérémonie  
Les frissons me glacent, à qu’elle étrange cérémonie, suis-je convié
Je ne suis pas un bourreau, mais un gardien, fait pour servir et protéger


---------------- 


Un ange m’apparait avec son beau sourire et ses grands yeux
  - Mon beau monsieur, je me prénomme Angélique, venue ici pour servir
  - Cordes à mon arc, que je sais faire vibrer entre mes doigts  
Mon âme de démon s’enflamme dans l’instant, je ne pourrais tenir bien longtemps, entre la cravache et cette ensorceleuse fatale
Angélique me tire d’un mauvais pas, son talent de pianiste, ravira nos maîtresses.
Mon talent, est d’enchanter la lame de mes épées, pour fendre les malandrins, tout en protégeant les miens


----------------  


Quelle belle journée pour la damoiselle pianiste et son chevalier épéiste, mélodie du plaisir et de l’amour du bout de ses doigts
font naître en moi, ce curieux désir, de la serrer tout contre moi, tout en fondant son regard dans le mien
 
  - Damoiselle Angélique, voulez-vous m’accorder cette danse
Yeux fermés, nous voici immergés dans un bal masqué, tournant et virevoltant sur le sol glacé.
Nos envolées percutent de plein fouet, la grande vasque posée sur son pied, voltige de l’objet qui en retombe fracassé.
Impossible de la remplacer, pire serait de la cacher, une grande ire va sur nous, déferler
 
  - Angélique contez-moi votre journée, à qui dois-je, ma grande vasque cassée
  - J’attends des explications de vous deux, répondrez à mon questionnement, immédiatement,  ni forfanteries, ni détours
  - Je ne supporte plus vos défiances et vos sans dire
  - A genoux, baissez vos yeux amoureux
 
La colère de notre maitresse, empire à chaque mot prononcé par angélique, trouble dans sa voix, lorsqu’elle parle de moi.
Je me dois d’intervenir prestement, lui évitant de découvrir, la vérité difficile à dire
  - Maîtresse, je suis seul responsable des faits reprochés à damoiselle Angélique
  - Que de mensonges, dis-tu
  - Je te reconnais bien là, Chris, en protecteur, voulant offrir ton corps, en place de celui de ta dulcinée, à ma colère et la douleur
de mon fouet.
  - Toi petite Angélique, rien ne sert de fuir, de ta rébellion, je m’en vais te punir
  - Chris, tu me déçois profondément, tant de toi, se fondent en moi.
  - Tu ne me laisses pas de choix, l’affront et la désobéissance ne sont permis sous mon toit
 
Le cœur de ma Maîtresse Jézabel, brûle d’émoi, que de pourquoi, n’a-t-elle déclaré sa flamme, sa passion, sa folie
bien des drames évités sans une larme, pleurée.
  - Je te mets au cachot, mon ami
  - Je n’entrave pas ton corps, seulement ton esprit
  - Dors bien et réfléchis
  - Ta vaine action, ne servira à ta belle, seul son talent, en sera son salut


---------------- 


Me voilà bien enfermé dans ma prison dorée, nul besoin les verrous de fermer, de cet endroit je ne veux m’évader, ici je finirais.
Je ne sais si mon cœur et mon esprit pourront longtemps résister à cet écartèlement qui me déchire l’intérieur, n’ai que peu de choix
souffrir ou mourir
La nuit m’enveloppe de son voile de torpeur, qu’il fait bien froid, ici-bas


---------------- 


Maîtresse Clara est venue me chercher, aller respirer, l’air gris de cette matinée
  - Messire Chris, point ne sert à vous, de proscrire vos dires
  - Damoiselle Angélique, s’est confiée à notre Maîtresse, pour vous protéger
  - Mais vous épargner, elle ne l’a put
  - Votre sentence, exécutée sera, en cette journée


----------------


 
Pourquoi toujours de la haine, de la jalousie, l’amour est si beau qu’il faut le dorloter, non le détruire sans comprendre
qu’il m’est impossible de choisir, entre elles deux
A elles le désir, en moi le désespoir de mes sentiments, n’être compris.
Le noir et la pénombre, m’attirent en ce jour, seul en ce matin gris
Un bruit interpelle mon ouïe, sans bouger je le suis
Maîtresse Jézabel en approche doucement
  - Bien dormi, mon ami, cette nuit
  - Tu m’as meurtri, menti, courroucé et défié
  - Comprenant pourtant ton parti, je ne peux tolérer, en ta désobéissance
  - Ta sentence est décidée, par la main d’Angélique, tu seras fouetté, jusqu’au premier sang versé, en ce même lieu
au jour de ton arrivée
Sentence à double tranchant, pour Angélique et moi, perdants nous en sortirons, amants nous ne le pourrons


----------------


 
Le piano semble celé, au plancher de cette grande salle, d’un blanc immaculé, bientôt teinté à la couleur de mon sang éjecté
 
Damoiselle Angélique tremble d’émotion, qui risque de la submerger, avant même de commencer
Le martinet a été remplacé par un fouet dont les cuirs ne sont pas faits pour caresser mais pour violemment dresser
  - Maîtresse Jézabel, je ne le peux cela
  - Damoiselle Angélique, tu le feras, ne retiens pas ton bras, cette punition vous la méritez, tous les deux
 
L’attente n’en finit pas, allez-y ravagez-moi, tuez-moi, que cela cesse, ma coupe est à déborder
Les premières griffes, je ressens, entrent en mon corps, plus fortes à chaque fois, le flou m’envahi jusqu’à en perdre l’esprit.
Je suis seul, ils m’ont laissé sur cette couche ensanglantée, un petit mot je vais leur laisser, avant de partir pour l’éternité
  - J’aime beaucoup, passionnément, à la folie, mais ne peut me résoudre à décider entre amour et loyauté
  - je vous laisse, gentes dames à vos jeux sans choix ni détours
 
La lame de mon épée brille sous la lune étoilée, son tranchant pénètre doucement en mes poignets et me plonge lentement
dans le sommeil éternel.
Maîtresse Clara pressentant mon action, arrive en se précipitant pour l’empêcher 
  - Messire Chris qu’avez-vous fait
  - Laissez-moi m’en aller, Maîtresse Clara


---------------- 


 

 

 

 

chrislanuit@bdsmf.fr