Les belles aventures Chrislanuit

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Le Feu et la Glace

Depuis quelques temps, je couche sur le papier ma prose pour un autre que moi, installé à des milliers de kilomètres de là.

Nous joutons par mots interposés, mis en forme, à donner vie à nos pensées, nos fantasmes, y mêlant aussi une partie de nos vies, rendre plus croustillants nos récits

De petits être de noir vêtus, hantent son ordinateur, à le dévorer pendant la nuit, torpeur de sa réalité bien agité, qui interfère avec la mienne, noire comme un polar, qui se cache pour n’être dévoilée.

Nous voici transposés sur un grand échiquier immatériel, deux Maîtres Chevalier se disputent l’encrier, se fouettent l’esprit à défaut de pouvoir le concrétiser!!

Cette étrange histoire que je vais conter, s’est déroulée en d’autres temps et d’autres lieux, qui me semblent devenus une éternité

Mes strophes matinales tracent leur sillon, par mon télécopieur fatigué, d’être utilisé de cette façon, à débiter chaque jour, son tas de papier plissé.

J’expédie mes folles histoires littéraires, par carte fax informatisée, évite de noircir des pages avant de les jeter. Utilisation rapide ni bourrée, ni déchirée, plus aisée pour l’envoi à de multiple destinataire, dont la liste s’est allongée avec un nouveau lecteur, bien curieux de notre prose enflammée et si particulière

Mon petit roman d’éducation érotique commence à prendre forme, il attise la convoitise d’un autre regard, tant par mes écrits, que par ses émotions ressenties

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Par un soir de septembre, une gente dame m’est présentée, au bras d’un de mes lecteurs, pour discourir sur ma folie extraordinaire.

Les jours et pages passent, sans se retourner, pour se fixer un jour de janvier, le compagnon de cette étrangère me fait mander, de bien vouloir égayer le quotidien de sa belle, l’accompagner comme un chevalier le ferait, sans vouloir l’effeuiller.

Je ne suis fait de pierre ou de glace, pour ne point ressentir d’émotion, en présence d’une irréelle, bien matérielle, qui danse devant mes yeux.

Elle est bien jolie cette rouquine, petits yeux pétillants, tout sourire pour cette coquine

Nous allons au marché des Puces, faire des emplettes, trouver quelques effets en cuir qu’elle désire me faire porter, mon look ne lui plait pas « Chris tu es trop strict, laisses-toi un peu aller, viens on va s’amuser ».


Son attention se porte sur un poignet de cuir qu’elle me pose sur le séant, un collier de chien orné de pointes, font danser ses petits yeux de désir « Que nenni, tu ne m’attacheras pas à toi comme ça ».

Belle journée pour aller s’enfermer dans une salle sombre, Pasolini en tête d’affiche pour cette petite salle intime où peu de spectateurs se sont installés.

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Ma belle rouquine savoure les premiers plans, tout en me labourant le dos de ses ongles cassants, espérant m’extirper un cri puissant, plongeant mes yeux dans le siens, m’exprimant calmement en ces mots "tu es bien tempétueuse, mon corps et mon esprit ne t’appartiennent, il te faudra attendre encore avant d’espérer un souffle de ma part"


Un visage à lui donner un dieu, son âme pour damner ses apôtres
Le confessionnal l’attire pour y déverser ses pêchés du moment, bien nombreux parfois, elle ne recherche pas à se faire pardonner, la punition serait plutôt sa rédemption, être fouettée elle aimerait bien par l’officier du culte, présent lors de sa venue.

Un fantasme d’être prise dans l’action, bien dévêtue en pleine fellation, fesses tendues sur un des bancs proches, de l’officine à confesse. L’abbé surpris, l’aurait puni, sévèrement et bien fermement

Un peu d’eau bénite pour cette étrange croyante, qui se signe du bout de ses seins.
Cette petite église peu fréquentée est parfaite pour nos rites de la soirée, Il fait bien frais sous cette voûte ancestrale, au plus proche du confessionnal, elle se met à nue, munis d’un martinet, mes caresses d’aujourd’hui seront plus torrides, « Tu m’obéis lui dis-je, baisses les yeux quand tu me parles, je ne tolère plus ta rébellion ».

Ses fesses rougissent au passage croisé du petit fouet, les pleurs ont remplacé ses petits cris, qui sont interrompus par l’entrée d’un homme en soutane.
Vous êtes venue profaner ce lieu, une fellation cette fois, sera votre pénitence. Monsieur, quand à vous, continuer votre office, fouettez la repentante, comme auparavant.

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A fantasme particulier, réalisation extrême


Une fouille au corps comme dans les aéroports, tout en profondeur

La complicité d’une tiers, agente de sécurité dans un grand magasin, pour lui concocter une belle surprise, lors d’un shopping printanier.
- Allons faire les boutiques, habilles-toi légère, je t’emmène

Nous prenons un taxi qui nous dépose à proximité d’une des grandes galeries parisienne, je la mets au défi de dérober des sous-vêtements coquins, et de les porter sous sa robe, pour sortir sous le regard de cet agente de sécurité particulière.

Toute heureuse, les yeux pétillants, ma tendre amie se dirige vers la sortie, au passage du tourniquet, l’alarme antivol se met à résonner. Immédiatement ses bras sont saisis par l’agente de sécurité.
- Madame, veuillez me suivre immédiatement à mon bureau
- Monsieur vous qui l’accompagnez, suivez-moi en tant que témoin, pour son interrogatoire

Nous sortons du hall d’entrée par une petite porte dérobée, qui donne sur un long couloir, desservant de multiples pièces fermées

Mon effarouchée avance d’un pas moins assuré, tremblante dans sa voix, promettant de tout payer, juste de sa part oublié.

Mais l’agente de sécurité n’est pas du même avis, elle lui fait signe de complètement se déshabiller, la fouille de son corps va commencer énergiquement, au fond de son anus, jusqu’à son clitoris, nue et menottée à la table d’examen

Sermonnée par principe pour cette petite voleuse, qui jure à genoux ne point récidiver, l’angoisse a remplacé le désir dans ses yeux mouillés, que j’embrasse pour la rassurer et lui expliquer le pourquoi de tout cela

Son regard se durcit rapidement
- Elle m’a fait mal de me fouiller ainsi, j’ai pensé finir seule emprisonnée
 


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Mon adorable affole les gens, se promenant nue dans les jardins, la nuit venue
Ou bien courtement vêtue, sa robe remontée au nombril, montre ses fesses, lorsqu’elle se baisse.

Dévêtue sur cette petite chaise, sous le porche de ma maison, où nous passons de longs moments à nous caresser charnellement

Balade dans le parc en soirée, pour rencontrer un vieux peu ragoutant, qui se régalerait de la voir ainsi peu vêtue

Issue d'une famille à l’ancienne, son père violent la battait tout le temps

Halloween en fête à Hanovre cette année, fesses enflammées et sabre agité, ont eu raison de notre soirée

Changeons d’air, direction Amsterdam, rues aux boutiques illuminées, et quais à s’y griser.
Un peu de café dans une échoppe, de la fumée qui l’enveloppe, son esprit chavire dans un chaleureux délire, qui à rouler se met à rire, sans s’arrêter jusqu’à presque en mourir.

Un peu de fraicheur, en balade extérieure, lui fera le plus grand bien, à son corps car son esprit, lui est déjà reparti, regard attiré par une vitrine, aux objets particuliers. Ma complicité me revient toute excitée, une combinaison latex sur ses formes, un beau fouet en cadeau pour mes mains piaffées.

 

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Le ciel bleu de décembre fait place à la nuit, sur notre trajet qui nous conduit, à mon antre caché à la lisière d’une forêt, où les cerisiers fleurissent, protègent de la vue mon petit nid douillet.


Le feu crépite dans l’âtre de la cheminée, réchauffant ma demeure isolée « Qu’il fait bon d’être ici, loin du bruit et des regards, tous les deux ensemble ».
Un cœur à corps qui pourra durer sans s’apaiser, rire, pleurer, se désirer, se caresser.

Je suis parfois froid comme la glace tandis mon cœur pleure ses larmes invisibles, rire aux éclats tout en perdant mon esprit sur des rives sombres et glacées.

Prenons des forces avant de nous livrer totalement à des rituels ensorcelés.
La table est assemblée, à même une peau de cuir posée, sur le sol frais de la chambre à coucher.
Non loin du grand lit moelleux et de ses montants en osiers où sont noués quelques liens bien tressés.
Ma tendre croque de petits fruits tout en me souriant « Toi tout à l’heure, entre mes doigts ».
Aucune crainte à avoir, nous ne serons pas dérangés, la porte d’entrée bien épaisse est défendue par ses trois verrous, arrêterait un troupeau de buffles enragés.

Sa beauté féline se détache de la lueur du palier, un feu intense commence à la gagner.
Tendres baisers enflammés sur son corps dénudé.

Ma belle, ma muse pour cet instant irréel, froisse les draps de son parfum surnaturel.
Mille baisers sur sa bouche, mes mains sensuelles sur seins en caresses jusqu’au bas de ses reins.

J’enlace ses poignets dans les tresses nouées aux montants en osier.
J’entrevois dans son regard un signe à mon égard : « fais-moi souffrir mon amour, pour que mon âme fonde en toi ».
Ses fines chevilles fortement serrées aux sangles du lit, que j’avais bien préparé avant son arrivée.


Ongles d’acier sur main de velours, font crisser sa peau à son passage, mon gant incrusté de métal glisse, le long de son portail sacré, depuis son pubis à l’orée de sa poitrine, ma muse divine crie dans cette nuit étoilée.

Le métal glacé, entre en fusion à l’encontre du bout de ses seins malmenés par ma langue survoltée.

Une stupeur nait dans ses yeux, aucune crainte, muse aux yeux de braises, ce ne sont que les prémices de notre union sulfurée.
Ma belle, me regarde furieusement : « Qu’attends-tu pour commencer, je me languis de tes caresses».

Je pose mon gant d’acier sur la couverture de velours et attrape un petit martinet, qui va l’enchanter.
Le chant du fouet claque sèchement dans l’air surchauffé.

Son corps, à chaque passage, tressaille de douleur
Râles de plaisir s’échappent de ses lèvres, dont les dents mordent, fermement l’épaisse couverture.

Un mors aurait abîmé, sa denture, blesser sa bouche, tirailler son visage

Le rituel accélère, changement d’accessoire, feuille de houx en flagellation
Les gémissements ont remplacé, les cris, au passage entre ses cuisses


Je ressens la furie de mon double, un peu mutine, qui conçoit sa revanche, entre ses dents
Lèvres plissées, moue grimaçante, elle n’est point contente

Je vais te ravager, me dit-elle, prépares-toi, à recevoir mon mal
Notre jeu n’est que plaisir, pas de souffrance inutile

Avant de la libérer, il me faut la soulager, et soigner son corps
Un baume réparateur, préparé dans la matinée, lui applique
Massant tendrement, le baume fond, en sa profondeur


Grand sourire, en place, de sa moue ravageuse
Merci mon ami, me susurre t’elle, mais cela ne suffira pas, pour calmer ma fureur

En attendant son désir, allons-nous restaurer un peu, descendons le grand escalier qui mène à ma salle à manger, le bois crépite encore, dans l’âtre de la cheminée.
Une tartine bien beurrée, deux verres accompagnés, d’une bouteille de Saint-Amour, pour continuer, notre rituel de plaisirs effrénés.

« Ma tendre et passionnée, croque encore un peu, de ma biscotte tartinée » et « laisses-toi bercer par ce breuvage ensorcelé ».

Son sourire fait place, à ses canines blanches, lissées par une langue bien aiguisée

Le Saint-Amour lui a fait monter les degrés, devenue bien plus agitée.
Ma Maîtresse se languit de mon doigté, Il est temps de continuer

Remplacement du petit chat, par des lanières plus agressives.
« Ton cuir est bien épais, je m’en vais te le tanner »

J’adore la faire patienter, en effleurant son corps, de mon jouet affuté.

Je sens sa rage, dans mes revers plus appuyés, son dos commence à chauffer.
« Respire lui dis-je, j’adoucis un peu ta brulure avec mes lèvres sucrées ».

Le désir rapidement nous submerge, pour une étreinte sensuelle et savoureuse, interférées de griffes et baisers acidulés.

L’aube se lève à peine sur le bois doré, ma sauvage se prélasse toujours, enlacée par les bras de Morphée.


chrislanuit@bdsmf.fr