Les belles aventures Chrislanuit

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Un extrait du roman « CECILE ou les Rencontres amoureuses»

 

Cécile ou Les Pensées Amoureuses

 

Chapitre I. Les Passagers du Train

27/11/2019
Le wagon trouait la nuit avec ses petites lampes bleues suspendues dans le couloir. Dans les compartiments, les voyageurs faisaient semblant de dormir, serrés les uns contre les autres, laissant tombés leurs têtes, puis les relevant par saccades. Un ronflement partait tout à coup d’un nez. Une femme qui s’était mise à sommeiller tout en grignotant un quignon de pain, de temps en temps le mâchonnait.

Didier était assis à côté d’une toute jeune fille vêtue d’une robe noire très simple. Quel âge pouvait-elle avoir ? Dix-sept, dix-huit ans. Jolie, un visage très pur, à l’ovale gracieux, des cheveux châtains. Il lui avait offert de lire des journaux et magazines qu’il avait achetés sur le quai de la gare. Ils avaient bavardé. Il avait appris qu’elle était orpheline, qu’elle allait rejoindre sa tante à Marseille. A la tombée de la nuit, comme avec les lumières bleues il était difficile de lire, ils avaient imité leurs compagnons de voyage, ils avaient tenté de dormir.

Elle avait posé avec confiance sa tête sur l’épaule de Didier. Pour qu’elle soit plus confortablement installée, il avait glissé son bras derrière son dos. Ils étaient là comme deux amoureux paisibles et confiant. Il avait d’abord effleuré ses cheveux et son front de ses lèvres, puis il avait posé de légers baisers sur ses paupières, sur ses joues et enfin sur sa bouche. Elle avait répondu à son baiser, un baiser qui dura longtemps, longtemps. Comme elle avait remis son manteau, la nuit venue, il avait glissé une de ses mains sous le manteau et il lui caressait les hanches, la poitrine. Elle avait des seins petits et ronds, tout à fait charmants. Il dégrafa son soutien-gorge et il sentait leur pointe raide, tendue. Il se baissa comme s’il voulait dormir sur sa poitrine il put, sans que les voyageurs aient la possibilité de le voir, prendre dans sa bouche, tour à tour, chacun de ses mamelons et les sucer doucement. En même temps sa main qui était descendue le long des cuisses, relevait sa robe sous le manteau. Elle le laissa faire, il la sentit trembler toute dans ses bras quand sa main pénétra entre ses jambes……

Elle les écarta légèrement, consentante, déjà pâmée. Elle semblait si jeune, si pure, qu’il était étonné d’un succès aussi facile. Est-ce la première fois qu’une semblable aventure lui arrivait ? Ou était-elle plus délurée qu’il l’imaginait ? Qu’importait. Elle était si ardente, si tendre qu’il était lui-même pris pour elle d’une véritable tendresse en même temps que son désir s’exaspérait. Elle était là dans ses bras, bouche contre bouche, langue contre langue, tour à tour haletante et détendue, et lui tendu, crispé. Mais comment s’y prendre avec ses gens autour d’eux qui devaient faire semblant de dormir et qui peut-être les observaient ? Non, il n’y avait aucune position possible. Mais elle pouvait être, à son tour, complaisante, puisque son manteau dissimulait leurs gestes ?


Il retira sa main d’entre ses cuisses, prit sa main à elle, mince et longue, et la guida vers son pantalon. Elle lui marqua, par un baiser plus ardent, plus appuyé, qu’elle avait compris. Elle défit les boutons et elle avança la main. Si elle était vierge et innocente, il y a des choses que les filles, il faut croire, comprennent tout de suite car ses caresses, sans être très savantes, n’étaient pas du tout maladroites. D’ailleurs, elle n’avait pas grand mérite car Didier était dans un tel état d’excitation que le simple fait de sentir sa main entourer son sexe et le remuer doucement lui procura une satisfaction indicible et le but fut bientôt atteint.


Ils continuèrent à s’embrasser, avec moins de fougue pourtant, et ils entremêlèrent leurs baisers d’une conversation à voix basse. Il apprit qu’elle s’appelait Aline, qu’elle avait plusieurs frères et sœurs qui habitaient chez une autre tante, dans la banlieue parisienne. Il lui demanda de descendre avec lui à Saint-Cuxho et de reprendre le train le lendemain. Non elle ne pouvait pas, car elle avait télégraphié son arrivée et sa tante devait l’attendre à la gare. Mais ne pourrait-il pas venir la voir à Marseille ? Elle griffonna son nom et son adresse sur un morceau de papier et le lui donna. Comme ses yeux étaient tendres, de vrais yeux de biche ! L’avoir là toute prête à se donner et penser qu’il ne la reverrait peut-être jamais ! Elle s’était rejetée de nouveau dans ses bras et leurs lèvres se rejoignirent et leurs langues se cherchèrent, s’agacèrent, tandis qu’il recommençait à lui caresser les seins, les cuisses et le ventre et que son doigt redevenait un insistant instrument de volupté.

29/11/2019 10h15
Cette fois, d’elle-même, elle glisse sa main dans son pantalon et caressa, de nouveau, son sexe qui grossit toute de suite entre ses doigts et sa paume. Elle sut l’amener rapidement au point où il fallait et ils furent de nouveau heureux ensemble. Puis le voyageur qui était assis à côté d’Aline ayant quitté le compartiment pour descendre à la prochaine station, elle put s’étendre en chien de fusil sur la banquette, la tête sur les genoux de Didier. Elle était bien couverte de son manteau et elle reposait, pleine de confiance, comme s’ils se connaissaient depuis toujours. Dormait-elle ? Non. Elle ouvrait les yeux de temps en temps et lui souriait. De nouveau il eut envie d’elle. La prendre là, tout de suite, sur la banquette…Mais il y avait toujours l’un et l’autre des voyageurs qui ne dormait pas. Il ne fallait pas y songer. Alors comment pour la protéger du froid, il remonta son propre manteau, lui cacha la tête et poussa doucement son visage vers ses cuisses. Sentant que le sexe de Didier était de nouveau dur, elle comprit ce qu’il attendait d’elle et elle le prit entre ses lèvres. Lui pendant ce temps, de nouveau la caressait et il murmurait doucement des mots de tendresse : « Aline, ma petite chérie, mon cher amour ». Puis quand il obtint la jouissance qu’elle avait su lui procurer, il se pencha vers elle, l’embrassant sur la bouche avec fièvre, tandis qu’elle murmurait à son tour : « Didier, Didier chéri », et qu’il achevait de la satisfaire.


Ensuite, épuisée, elle s’étendit de nouveau la tête sur ses genoux et, cette fois, s’endormit. Lui même sommeillait, regardant sa montre de temps en temps, caressant les cheveux d’Aline d’une main légère.
Lorsqu’il pensa que le train approchait de la gare de Saint-Cuxho, il s’arrangea pour se lever sans déranger Aline qu’il installa sur la banquette. Il l’embrassa sur le front, prit son sac et sortit dans le couloir.


Le train s’arrête. De petites lumières brillent le long de la voie. Un employé passe en balançant sa lanterne et en annonçant un nom de station. C’est la dernière gare avant Saint-Cuxho ; deux marins sont montés avec leur sac en toile blanche, rond comme un traversin. Ils sont restés debout à l’extrémité du couloir. Didier aurait dû arriver à une heure du matin mais le train a du retard, il est déjà deux heures et demie. Pourtant, il va très vite depuis quelques temps. Il essaie de rattraper son retard. Didier est déchiré à la pensée d’abandonner Aline. Mais la voici qui vient le rejoindre dans le couloir. Elle a senti qu’il n’était plus là. Il la regarde intensément. Elle est grande, mince, pleine de grâce, touchante dans sa robe noire et son manteau si simples. Elle pose la tête sur son épaule.

Elle a un peu honte, c’est pour cela qu’elle se cache le visage. Que doit penser cet inconnu qui tout d’un coup est devenu son amant, son maître ? Elle lui marque sa soumission, sa tendresse en lui prenant la main et en l’embrassant. Il est tout attendri. Il lui a demandé : Petite Aline, tu ne veux pas descendre avec moi ? Elle fait que non de la tête. Elle a des larmes dans les yeux. Elle voudrait bien. Mais vous viendrez me voir à Marseille ? Ses yeux sont suppliants. Le train s’arrête. Il l’embrasse sur la bouche et la serre une dernière fois contre lui.
Il prend son sac et se précipite dans le couloir. Il descend. L’employé siffle. Le train démarre. Les wagons défilent lentement devant lui. Il distingue une seconde, derrière la vitre, le visage tendre et crispé d’Aline. Puis le train disparaît en agitant une petite lanterne rouge.
Didier avance le long du quai derrière l’employé. Il est le seul passager qui soit descendu du train. Il remet son billet à la sortie. L’employé lui dit :
- Faites attention, il y a des patrouilles boches. Ils ramassent tous ceux qu’ils rencontrent.
Didier sur la place cherche à s’orienter. Il n’y a de lumières nulle part. Mais la nuit n’est pas complètement noire. Il peut distinguer la masse des maisons, des arbres, la bordure d’un trottoir. Il y a très longtemps qu’il n’était pas venu à Saint-Cuxho : une seule fois, quand il n’avait qu’une quinzaine d’année, invité par sa tante de Carlemont ; il n’en a gardé qu’un souvenir très vague. Aujourd’hui, ceux qui l’ont chargé d’une mission lui ont dit de descendre à l’hôtel de l’Aigle Noir, sur la place de l’église, où il est attendu.
 

30/11/2019 10h32
Il lui semble distinguer un clocher derrière des arbres et des maisons. Il se met en route. Comme ses chaussures ont des semelles en caoutchouc, il ne fait aucun bruit.
Le silence est complet. La petite ville est calme. Il a suivi une allée plantée de marronniers, non, se sont des platanes, et maintenant il est dans une rue moins large et dont les maisons semblent anciennes. Mais tout à coup, des bruits de pas résonnent. C’est la patrouille. Il se dissimule sous une porte cochère et fait corps avec le mur. Quatre Allemands passent, la mitraillette sous le bras ; leurs bottes raisonnent en cadence sur les pavés. Ils ne l’ont pas vu. Quand ils sont loin, il reprend sa marche, en rasant les murs. La nuit est fraîche et pure. S’il n’y avait ce sentiment de crainte, cette peur des mauvaises rencontres, il aurait plaisir à regarder les pilastres et les balcons en fer forgé des maisons. Il s’est quand même arrêté pour admirer une tourelle en encorbellement. Puis la rue qu’il suit est devenue plus étroite. Elle tourne et débouche sur une place. Au fond de la place, la façade de l’église dominée par le clocher. Il est arrivé. Il s’agit maintenant de trouver l’auberge de l’Aigle Noir. Cette façade blanche encadrée par des fusains dans des caisses, cela doit être là. Il s’approche. Il distingue une enseigne où un aigle noir découpé dans la tôle se balance au bout d’une tige. Il frappe à la porte.
C’est avec timidité qu’il trouble le silence nocturne de la petite ville. Si la patrouille allait déboucher subitement et ses jeter sur lui. Mais s’il frappe trop discrètement, personne ne l’entendra. Aussi il s’enhardit, frappe plus fort. Alors, derrière la porte, un chien grogne sourdement. Puis un autre aboie plus fort. Enfin, une fenêtre s’ouvre.


- Qui est là ? demande une voix
- Le voyageur que vous attendez
- C’est bon, je descends


La fenêtre s’est refermée. Une lumière s’est allumée, l’escalier craque sous le poids d’un pas qui descend. Les chiens ont cessé d’aboyer et de grogner. Mais voici qu’il entend de nouveau les pas rythmés de la patrouille. Il se colle contre la porte. Il murmure « Vite, vite ! ». Enfin elle s’ouvre. Il la referme juste au moment où les Allemands apparaissent à l’autre bout de la place.
- Ouf ! il était temps. Bonjour, madame, dit-il en soufflant.


Il passe devant une forme immobile. La femme qui lui a ouverte, se tient droite, comme au garde à vous. Elle porte un peignoir. Le visage est beau dans la pénombre, avec ses deux grands yeux noirs, ardents. Les chiens sont à côté d’elle. Un gros chien de berger qui continue de grogner doucement et un petit roquet avec une tache noir sur l’œil, qui frétille de la queue.


Didier se trouve dans un vestibule carrelé, où des fauteuils d’osier alternent avec des porte-manteaux. Au fond, un bureau et une porte au verre dépoli.


- Il faut d’abord remplir la petite fiche, dit la dame qui n’a pas quitté le voyageur des yeux.
- Fort bien, madame, déclare Didier, résigné.


Il se sent soudain terrassé par une grande fatigue. Mais il est prêt à remplir toutes les fiches qu’on voudra. Il écrit. Didier Perceval. Français. 24 avril 1908. Chambley (Meuse), 10 rue du Foin, Paris. Antiquaire. Carte d’identité n° 697.824. 22 octobre 1941.
La femme le regarde fixement. Le gros chien s’est couché en rond le long du mur. Le roquet s’est assis sur ses pattes de derrière auprès de sa maîtresse.


- Voici, madame
La femme a pris sa fiche. Elle la lit attentivement, puis elle déclare :
- Vous allez au château demain
Il fait un signe d’acquiescement.
- L’intendant de madame la comtesse, Monsieur Bastidon, est prévenu ; il doit venir vous prendre demain matin. Avez-vous dîne ?
- J’ai cassé la croûte dans le train


Didier n’a pas sommeil. Cette promenade nocturne dans la ville lui a éclairci les idées. Cette femme qui le regarde avec insistance le fait penser au désir qu’il avait d’Aline. Elle est belle, et tout à coup le désir qu’il avait avec Aline se reporte sur elle.
C’est une femme sensuelle, cela se voit tout de suite. Il l’a réveillé dans son sommeil. Elle le regarde avec une attention soutenue, comme si elle sortait d’un rêve érotique. Elle doit voir en ce voyageur le personnage à qui elle se donnait dans son sommeil. Elle attend un geste de lui. Il en est sûr, elle est prête à se donner. Il la regarde déjà avec complaisance. C’est une femme d’une trentaine d’année, aussi grande qu’Aline, mais plus en formes, pas grosse, non, mais bien en chair. Une chair mate, brune, tandis que celle d’Aline était blanche. Elle s’est penchée pour prendre la fiche qu’il a remplie et son peignoir s’est entrouvert. Il a vu deux seins lourds, mais fermes, qui ne l’ont pas laissé insensibles. Leurs regards se sont rencontrés. Elle lui sourit.


- Décidément, vous n’avez envie de rien.
- Si, dit-il, en regardant de nouveau ses seins.
Il s’est approché d’elle et passe un bras derrière sa taille tout en prenant un de ses seins dans la main
- Ils sont beaux, dit-il, et il se penche pour embrasser la pointe déjà dure sous sa caresse


Quand il relève la tête, c’est elle qui, avec fougue, se jette sur ses lèvres et l’embrasse d’une façon savante. Ce n’est pas une petite pensionnaire comme Aline. C’est une femme ardente, experte. Ils s’embrassent très longuement, debout, dans le bureau, appuyés contre le chambranle d’une porte. Puis elle prend une clé au tableau. Lui se saisit de son sac et ils montent doucement l’escalier.

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